Chronique
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David Sala revisite la figure de Frankenstein en la façonnant à son image, mêlant sensibilité et lyrisme.
Tout en restant fidèle au récit de Mary Shelley, David Sala y insuffle une dimension supplémentaire à cette histoire: il y a une esthétique où la brutalité et le drame deviennent sources de grâce. La créature, monstrueuse en apparence, est traitée avec une sensibilité qui révèle sa douceur et suscite l’empathie. À travers des symboles forts et des élans de colère teintés de mélancolie, l’auteur fait émerger une beauté.
On pourra noter un choc visuel sur quelques planches, notamment dans le traitement des figures et des regards, qui par moment donnent l’impression de s’être inspiré du travail d’illustrateur que Bernie Wrightson avait réalisé pour la même histoire en 1983. Pour le reste, l’ouvrage s’impose comme une bande dessinée remarquable et une adaptation inspirée d’un monument de la littérature fantastique. J’ai l’impression que depuis quelques albums « Le poids des héros » et « Le joueur d’échecs », David Sala est en train d’écrire et de dessiner une œuvre parfaite. |